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Renaud FINE : Orienter la science en démocratie. Enquête philosophique sur la démocratisation des politiques de recherche

Soutenance

Le 28 juin 2023

Composition du jury proposé

Mme Stéphanie RUPHY ENS PARIS Directrice de thèse
Mme Séverine LOUVEL IEP Grenoble Co-directrice de thèse
M. Vincent GUILLIN Université du Québec à Montréal Rapporteur
M. Pierre-Benoît JOLY INRAE Rapporteur
Mme Cécile BLATRIX Université Paris-Saclay Examinatrice
M. Philippe HUNEMAN CNRS Ile de France Meudon Examinateur
M. Patrick LEVY Université Grenoble Alpes Examinateur

Résumé :

L’ambition de ces travaux de thèse est la formulation d’une proposition normative concrète concernant la bonne manière d’orienter politiquement l’effort public de recherche dans une démocratie. Qui devrait décider, et comment, des orientations et priorités de l’enquête scientifique pour que son cours puisse être considéré adéquatement axé sur les idéaux démocratiques prônés par nos sociétés occidentales contemporaines ? Les réflexions composant notre tentative de réponse à cette question se structurent en trois étapes. La première vise à comprendre et décrire la situation actuelle de la gouvernance des sciences afin d’en interroger le caractère démocratique. Notre diagnostic est le suivant : si la part croissante de la recherche « sur projet », associée à la prolifération des initiatives visant à renforcer le « dialogue sciences-société », témoignent d’une réelle volonté politique d’indexer les fins de l’enquête sur les désirs des populations, une analyse critique tant des logiques gouvernant ces évolutions que des modalités de leur mise en oeuvre dois nous conduire à dénoncer ce qui se présente sous les atours de la démocratisation comme relevant in fine d’une forme de rationalisation distinctement économique de l’action publique en matière de recherche, participant d’une normalisation semblant en définitive contribuer à sa progressive dépolitisation. Constatant le caractère problématique de cette situation visà- vis de la réalisation des aspirations démocratiques de nos sociétés, et tenant une réelle mise en politique démocratique de l’enquête scientifique pour désirable, l’enjeu principal de notre réflexion est alors d’en élaborer les principes et d’en explorer les formes pratiques envisageables à la lumière, d’une part, des contraintes épistémologiques conditionnant les points d’entrée légitimes d’une logique démocratique au sein de la dynamique de l’enquête scientifique, et d’autre part, d’une théorie philosophique susceptible de nourrir efficacement l’élaboration d’une réponse politique pertinente au problème ainsi posé. Dans la deuxième étape, nous défendons la cohérence et l’intérêt d’une approche qui replace les arguments épistémologiques de Philip Kitcher – affirmant la nécessité, en démocratie, d’inclure le peuple dans la détermination de ce qui fait sens en science – au sein de la théorie politiquede John Dewey pour dessiner les contours d’une résolution pragmatiste de la tension entre exigence (démocratique) d’inclusion et (épistémique) d’expertise au sein de laquelle se trouvent inscrites les décisions de politique scientifique. Bien compris, un tel cadre philosophique donne selon nous les moyens de prescrire et de guider un changement dans les institutions de la recherche, s’appuyant sur une revitalisation de l’idée de représentation politique pour imaginer des dispositifs favorisant l’identification, l’articulation et la résolution collectives de problèmes afin de nourrir à la fois l’enquête scientifique et démocratique. Le dernier moment de notre réflexion est normatif, et consiste à suggérer un ensemble de mesures réalisables susceptibles de contribuer à l’effort de démocratisation des sciences ainsi défini et défendu. Celles-ci participent d’une approche dynamique dans laquelle la mise en démocratie de l’orientation de la recherche, le sens et les formes qu’elle prend, est avant tout fonction de la situation dans laquelle elle s’engage. Appliquant les principes pragmatistes précédemment articulés au cas particulier du système de recherche public français, nous esquissons un mode de fonctionnement alternatif permettant selon nous d’assurer, pour chaque décision définissant le cours suivi par l’enquête scientifique, une prise en charge institutionnelle plus satisfaisante sur le plan démocratique.

 

 


 

 

 

Date

Le 28 juin 2023
Complément date

13h30

Localisation

Complément lieu

71 Rue des Universités, 38400 Saint-Martin-d'Hères
Salle : Médiat
 

Lauréat de la première Distinction de l’École Doctorale 487 de philosophie

Le 3 mai dernier dans les locaux de l'Université Lyon 3, a été remis pour la première fois le prix de l'ED 487, dans lequel sont inscrit.es les doctorant.es en philosophie de l'IPhiG. Parmi les nominés des 8 projets de thèses soutenues en 2023, celle de Renaud Fine s'est imposée au Jury comme supérieures aux autres du point de vue de la pertinence de son sujet, de la solidité de son argumentation et de la qualité de ses analyses de détail. Renaud Fine a travaillé sous la direction de Stéphanie Ruphy (IPhiG ) et Séverine Louvel (PACTE) et a soutenu sa thèse "Orienter la science en démocratie. Enquête philosophique sur la démocratisation des politiques de recherche" le 28 juin dernier. Le Jury qui a attribué la distinction de l'ED était composé des membres du Conseil de l'ED. En tant que lauréat de la Distinction de l'ED, Renaud Fine a l'opportunité de publier un volume issu de sa thèse de doctorat aux éditions Hermann, dont le directeur, M. Arthur Cohen, siège comme personnalité qualifiée dans le Conseil de l'ED.

Publié le 13 juin 2023

Mis à jour le 11 juin 2024