Sarah Carvallo et Sophie Roux (dir.)
La nouveauté a aujourd’hui une valeur marchande : un nouveau produit se vend bien, de nouveaux marchés s’ouvrent pour être conquis. Les valeurs scientifiques semblent ici coïncider avec les valeurs du marché, quelle que soit la raison de cette coïncidence. Qui se tient tant soit peu au courant de l’actualité scientifique entend en effet parler jour après jour de la démonstration de nouveaux théorèmes, de la découverte de nouveaux virus ou de nouvelles galaxies, de l’émergence de nouvelles technologies ou de l’apparition de nouveaux champs de recherches. C’est à tort qu’on réduirait cette valorisation de la nouveauté au seul souci de promouvoir les sciences auprès de ceux qui en assurent le financement : la nouveauté de l’hypothèse, du résultat ou de la méthode constitue un critère décisif dans les rapports d’évaluation des travaux scientifiques. Enfin, la nouveauté est aussi l’objet des historiens et des philosophes des sciences : les uns décrivent l’émergence historique effective des nouveautés, les autres s’interrogent sur leurs conditions de possibilité ou sur leurs conséquences pour une théorie de la croyance et de la connaissance; les uns comme les autres remarquent que la production de nouveautés, et qui plus est de nouveautés cumulables, caractérise les sciences par rapport à d’autres productions humaines – c’est ce qu’on appelle usuellement le « progrès scientifique ».

Ont collaboré à ce volume  : S. Brentjes, S. Carvallo, H. Cabot, P. Crépel, M. Dufour, J. Fatet, Ph. Jaussaud, M. Lequan, L. Petitgirard, S. Roux, J. Viard
Mis à jour le 19 décembre 2019