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Jay RICHARDSON : Mémoire Épisodique Recréative

Soutenance

Le 2 octobre 2026

dirigée par Denis PERRIN (IPHIG)

Cette thèse porte sur la mémoire épisodique, l'imagination épisodique et les processus cognitifs qui les sous-tendent. La mémoire épisodique est la capacité de se souvenir d'événements de notre passé. L'imagination épisodique est la capacité d'imaginer des événements dans notre futur, notre passé contrefactuel et notre présent contrefactuel. Une grande partie de la philosophie contemporaine de la mémoire, ainsi que de nombreux domaines des neurosciences cognitives et de la psychologie, se consacrent à l'étude de la relation entre ces deux capacités. La convergence de ces axes de recherche n'est pas fortuite. La philosophie contemporaine de la mémoire tente de comprendre les conséquences des théories et résultats empiriques qui suggèrent que ces deux capacités sont intimement liées. 

Depuis un certain temps, la psychologie et les neurosciences ont révélé de nombreuses manières dont la mémoire épisodique est sujette à des distorsions et à des omissions. Les données neurales suggèrent que les fondements neurocognitifs de cette capacité chevauchent largement ceux de l'imagination épisodique. Certains spécialistes des sciences cognitives vont jusqu'à postuler un système neurocognitif commun à la mémoire et à l'imagination, c'est-à-dire un système de simulation épisodique. En réaction à ces développements, les philosophes ont débattu pour savoir si la mémoire et l'imagination constituent ou non un genre cognitif commun. C'est le débat sur le (dis)continuisme. Les continuistes, d'une part, prétendent prendre les données psychologiques et neuroscientifiques au pied de la lettre en soutenant qu'il n'y a pas de différence de nature entre la mémoire épisodique et l'imagination. Les discontinuistes, d'autre part, soutiennent que, malgré toutes les similitudes entre ces capacités, une différence de nature doit tout de même être assertée. L'objectif global de cette thèse est de proposer des manières d'appréhender la relation entre la mémoire et l'imagination qui ne soient pas contraintes par la perspective de résoudre ce débat. 

Elle propose, plus modestement, d'aborder la question en étudiant les différents processus qui sous-tendent la mémoire et l'imagination épisodiques, en rendant compte des processus partagés entre ces deux capacités et de ceux qui ne le sont pas. Elle est composée de six articles philosophiques conçus comme des contributions individuelles à part entière. Pris ensemble, cependant, ils convergent vers un cadre nouveau pour comprendre les processus qui sous-tendent la mémoire et l'imagination épisodiques, notamment en distinguant deux classes : les processus rétentionnels et les processus simulationnels. Les processus rétentionnels sont proprement mnésiques. Ils stockent des informations issues de la perception, de l'action et de la pensée pour un usage futur. Les processus simulationnels simulent, en temps réel, des processus perceptifs, moteurs et cognitifs de manière “hors ligne” (offline). Ils doivent être compris dans la lignée de la théorie recréativiste influente de l'imagination, selon laquelle les états et processus imaginatifs sont des simulations hors ligne d'autres processus. La mémoire et l'imagination épisodiques emploient toutes deux des processus rétentionnels et simulationnels. Elles diffèrent cependant dans la manière dont elles mobilisent ces types de processus, et dans quelle mesure.

 

This dissertation is about the capacities of episodic memory, episodic imagination, and the cognitive processes that underpin them. Episodic memory is the capacity to remember events from one’s past. Episodic imagination is the capacity to imagine events in one’s future, counterfactual past, and counterfactual present. Much of contemporary philosophy of memory, along with multiple areas of cognitive neuroscience and psychology, are dedicated to investigating the relationship between these two capacities. The convergence of these lines of investigation is not accidental. Contemporary philosophy of memory attempts to make sense of empirical theories and results that suggest that these two capacities are intimately interrelated. 

For some time, psychology and neuroscience have uncovered many ways in which episodic memory is prone to distortions and omissions. The neural data suggest that the neurocognitive underpinnings of this capacity largely overlap with those of episodic imagination. Some cognitive scientists go so far as to posit a common neurocognitive system for memory and imagination, that is, an episodic simulation system. In reaction to these developments, philosophers have debated whether or not memory and imagination comprise a common cognitive kind. This is the (dis)continuism debate. Continuists, on the one hand, claim to take the psychological and neuroscientific data at face value in arguing that there is no difference in kind between episodic memory and imagination. Discontinuists, on the other hand, argue that, despite all of the similarities between the capacities, a difference in kind should still be drawn. The overall aim of this dissertation is to propose ways of understanding the relationship between memory and imagination that is not constrained by the prospect of resolving this debate. It proposes, more modestly, to approach the question by investigating the different processes that underpin episodic memory and imagination. It offers up an account of the processes that are shared between these two capacities, and of those that are not. The dissertation is composed of six philosophical papers that are meant as individual contributions in their own right. Taken together, however, they all build towards and culminate in a novel framework for understanding the processes that underlie episodic memory and imagination, notably, by singling out two classes: rententional and simulational processes. 

Retentional processes are properly mnemic. They store information from perception, action and thought for future use. Simulational processes occurrently simulate perceptual, motoric and cognitive processes in an offline fashion. They are to be understood in line with the influential recreativist theory of imagination, according to which imaginative states and processes are offline simulations of other processes. Episodic memory and imagination both employ retentional and simulational processes. They differ, however, in which of these respective kinds of processes they marshall, and to what extent.

Date

Le 2 octobre 2026
Complément date

14h

Localisation

Complément lieu
Centre de philosophie de la mémoire Bâtiment CTL 7
salle de réunion 
allée de Palestine 38610 Gières

 

Publié le 10 septembre 2026

Mis à jour le 10 septembre 2026