- Share
- Share on Facebook
- Share on LinkedIn
Soutenance
On November 20, 2026
dirigée par Inga Römer (IPHIG)
La présente étude entend proposer une porte d’entrée vers la phénoménologie de Marc Richir depuis l’un de ses concepts centraux, celui d’institution symbolique, en le plaçant en discussion avec la philosophie des formes symboliques d’Ernst Cassirer et la phénoménologie de Maurice Merleau-Ponty – tout particulièrement sa pensée de l’institution.
Notre perspective est double : il s’agit, d’une part, d’introduire la phénoménologie richirienne, en la réinscrivant au sein d’une tradition philosophique avec laquelle elle partage, malgré l’éloignement apparent en ce qui concerne Cassirer, des questions communes qui concernent toutes le problème des rapports entre le symbolique et le transcendantal et de leur statut respectif. Mais il s’agit également, d’autre part, de montrer en quelle mesure cette architectonique permet, au sein de cette problématique commune, de mettre au jour et d’éviter des équivoques qui caractérisent autant la philosophie de Cassirer que celle de Merleau-Ponty eu égard à leur conception du monde de la culture et des formes ou des institutions qui le composent.
Nous interrogeons ainsi, selon la première perspective, les concepts d’animal symbolique et de prégnance symbolique, utilisés par Richir sans jamais pourtant se référer à la philosophie de Cassirer, mais aussi l’idée, difficile et peu interrogée jusqu’ici dans la littérature richirienne, d’un symbolisme phénoménologique. Nous montrons que cette notion, que Richir rattache au « symbolisme naturel » proposé par Merleau-Ponty, trouve en fait ses racines dans la « symbolique naturelle » développée par Cassirer. Mais qu’est-ce qu’un symbolisme qui ne serait pas culturel, et à quoi correspond cette « naturalité » dans un cadre explicitement antiréductionniste ? Cette problématique, qui constitue le pivot du dialogue entre les trois philosophes, permet d’interroger à nouveaux frais l’architectonique richirienne. Cette dernière, qui s’articule autour du hiatus entre le phénoménologique-transcendantal et l’institution symbolique, permet à la fois de penser la distinction entre ces deux registres, mais aussi leurs entrecroisements, c’est-à-dire autant la dimension phénoménologique de l’institution symbolique que le symbolisme du phénoménologique lui-même. Nous soutenons ainsi que l’endogénéisation du transcendantal (selon l’expression proposée par Alexander Schnell) qu’opère Richir repose sur un symbolisme interne aux phénomènes, qui ne relève pas de leur institution culturelle ou anthropologique, mais implique de distinguer, architectoniquement, deux modalités du symbolisme.
Cette thèse ne doit donc pas conduire à identifier en une seule dimension les registres du phénoménologique et de l’institution, ce en quoi consiste précisément l’équivoque partagée par Cassirer et Merleau-Ponty, dont la conséquence principale est de produire une conception exagérément idéalisée d’une culture générative, féconde et dynamique. C’est pourquoi nous proposons une deuxième perspective, qui consiste en une mise au point architectonique et critique des philosophies de Cassirer et Merleau-Ponty depuis les coordonnées de la pensée richirienne, une mise au point dont l’objectif principal est de délivrer les conditions d’une critique phénoménologique des institutions.
Date
8h30
Localisation
Salle : Jacques Cartier
- Share
- Share on Facebook
- Share on LinkedIn